Parlons Ecig avec le Dr Farsalinos (2014)

Trop de désinformation nuit à la vape, et à ce jour, il existe encore beaucoup trop de personnes qui sont persuadées qu’elle est dangereuse.

Cette interview (en anglais, mais traduction en dessous de la vidéo), réalisé par notre ami canadien Jean Philippe sur la chaine Youtube en 2014 est toujours au goût du jour, pour celles et ceux qui veulent se renseigner.

En tant que vapoteuse convaincue des bienfaits du vaporisateur personnel, je trouverais dommage que les vapoteurs débutants ou les fumeurs encore sceptiques n’aient pas accès à ce type d’information, noyé dans les flots du net…et souvent difficile à repérer pour un novice de la vape.



Traduction en Français

Source : https://www.forum-ecigarette.com/articles-medias-f756/interview-dr-farsalinos-par-genfelip-t163231.html

Traducteurs : falken, Fran330, KfiR, Manu06, stephe44, vapoloca, Vizu


Genfelip (G) : Salut tout le monde c’est Genfelip. Je suis vraiment heureux, très très très très très heureux, excessivement heureux de pouvoir être avec quelqu’un présentement que j’admire depuis longtemps, ça fait plus de deux ans et demi que je suis son travail, pour moi c’est un héros… et pour la cigarette électronique.
Je vous présente le Dr Konstantinos Farsalinos…

Konstantinos Farsalinos (KF) : Bonsoir.

G : Vous parlez un peu français ?

KF : Un tout petit peu.

G : Un tout petit, petit peu ?

KF : Oui.

G : Bon, donc si jamais il me manque un mot, on devrait pouvoir se débrouiller. Bonsoir docteur. Pourquoi avez-vous commencé à travailler sur des études sur la vape, ou plutôt qu’est-ce qui a fait que vous vouliez travailler là-dessus ?

KF : Et bien, vous savez au départ… enfin quand je dis au départ… j’ai commencé à travailler sur l’e-cigarette fin 2011. Au début, avant que j’aie entendu parler d’e-cigarettes, je n’avais absolument aucune idée de ce que c’était : l’ignorance complète. Je veux dire qu’au début, je pensais même qu’il y avait de l’eau dedans, que ça vaporisait de l’eau et qu’on l’inhalait…

G : C’est ce que nous entendons souvent.

KF : J’étais encore ignorant en la matière, je veux dire personne ne naît avec la science infuse. À cette période,je venais de terminer une étude évaluant la dysfonction cardiaque infra-clinique chez les jeunes fumeurs en bonne santé, immédiatement après avoir fumé, en utilisant de nouvelles techniques d’imagerie des échographies cardiaques.
Donc, à ce moment-là, je reçus un jour un MMS de deux de mes amis utilisant des e-cig. Ma première réaction a été de leur dire « vous venez de gaspiller votre argent, venez me voir, je vais vous donner de la varenicline (Champix, ou Chantix aux USA) si vous voulez arrêter de fumer ».
Mais vous savez, lorsqu’ils ont vu ma réaction, ils ont continué à me faire parvenir des photos d’eux utilisant des e-cig, ce qui m’a surpris, d’où l’idée de lancer une étude sur la vape. Tout d’abord j’ai essayé d’apprendre ce qu’était une e-cig. J’ai donc trouvé un forum internet d’utilisateurs d’e-cig en Grèce, dont je suis devenu membre, j’ai commencé à lire tous les messages du forum pour comprendre ce qu’était l’e-cig, et dans le même temps j’ai commencé une étude clinique qui a été présentée au Congrès annuel de la Société Européenne de Cardiologie en 2012 à Munich.
Cette étude a commencé au début 2012. En réalité, à travers cette étude, j’ai fait la connaissance de l’e-cig parce que tous les participants à l’étude, c’était une étude clinique, ont apporté leur propre matériel. Alors je leur ai demandé de démonter l’équipement afin de comprendre ce que c’est, comment ça fonctionne, pourquoi utilisent-ils de si « gros » comme je les appelais, vous savez ces gros appareils en acier inoxydable … à cette époque, il s’agissait pour la plupart de mods mécaniques,ils étaient très gros, très lourds…
Oui, quelque chose comme ça. [en réponse à Genfelip montrant un gros mod mécanique]
Il me semblait étrange que quelqu’un utilise ce genre de système, mais immédiatement au travers des discussions avec les vapoteurs je me suis rendu compte des raisons pour lesquelles ils utilisaient ce genre de chose : j’ai compris que l’e-cig est un produit qui est fait pour se substituer aux plaisirs et aux effets positifs perçus du tabac, au travers du plaisir de vapoter. Il n’est donc pas seulement une substitution médicale comme les médicaments et c’est la raison pour laquelle je me bats tout le temps, et je me battrai contre les réglementations en tant que médicaments n’importe où car je pense que cela détruira le potentiel des e-cigs pour réduire le tabagisme.
Ce n’est pas la façon dont elles sont utilisées. J’ai publié des études qui disent que non seulement légalement, mais aussi scientifiquement, les e-cigs ne peuvent pas être considérées comme un médicament car elles ne sont pas utilisées comme les médicaments le sont. Et c’est ça, je pense, le facteur le plus crucial pour déterminer si quelque chose est un médicament.
Je pense que le problème quand on discute de nicotine c’est que ça provient du tabac, donc si ça vient du tabac ça devrait être considéré comme un produit du tabac ou un médicament. Ça n’a absolument aucun sens, aucune signification. Ce n’est pas un unique composant, d’où il vient, qui détermine comment vous allez classer le produit. C’est la manière dont il est utilisé, comment et pourquoi il est utilisé, et comment il fonctionne.

G : Alors docteur, vous savez que beaucoup de gens utilisent des atomiseurs reconstructibles de nos jours, il y a beaucoup de matériaux pour les mèches qu’on peut utiliser : coton, silice, coton bio, coton japonais, rayon, mesh inox, enfin bref, je sais que vous êtes un cardiologue mais vu que vous êtes au moins dans le… disons dans le secteur de la santé, lequel est selon vous le plus sûr à utiliser quand on reconstruit un atomiseur ?

KF : Oui. Malheureusement on n’a pas beaucoup de données pour soutenir une approche ou une autre. Ma suggestion serait que le coton, le coton non traité, serait le meilleur. Quand je dis non traité je veux dire qui n’a pas été passé à la javel ou subi des traitements chimiques pendant sa transformation. Ça semble être, disons, le matériau le moins nocif bien qu’il faille plus d’études pour pouvoir affirmer cela. Donc disons que théoriquement ça pourrait être le plus sûr.
J’entends dernièrement que beaucoup de gens utilisent du rayon, qui est une autre forme de coton, mais j’ai vu qu’il subit une transformation très complexe qui utilise plusieurs produits chimiques, ce qui me fait me demander combien de ces substances restent dans le produit fini. Donc je serais hésitant à utiliser n’importe quel matériau qui subit une transformation chimique intense. Je suggérerais le plus simple, et je pense que sous cet aspect le coton serait la meilleure idée.
Mais comme je l’ai dit nous avons besoins de plus de preuves, plus d’études pour pouvoir soutenir cette idée grâce à des données.

G : Comme le kanthal, les fils NiChrome et tout le reste je suppose…

KF : Exactement c’est pareil. Vous savez qu’il y a des études qui ont trouvé des métaux lourds dans la vapeur.

G : Oui.

KF : Donc on sait qu’ils sont là. Certains proviennent probablement de l’interaction entre le liquide et le matériau de la résistance. Donc à nouveau c’est un test qui n’est pas très compliqué, qui ne coûtera pas beaucoup d’argent, mais ça fera une grosse différence pour l’e-cig en général, pour l’industrie de l’e-cig.
Parce que vous savez, remplacer un matériau de résistance par un autre ça ne coûtera rien, même pour les chinois, même pour les productions à grande échelle qui proviennent de Chine, c’est très facile de leur dire de remplacer le fil X par le fil Y. Et ils vont le faire et ça ne coûtera pas plus, pas à eux, pas au client final.
Et bien sûr ces gens qui refont eux-mêmes leurs résistances, ils devraient pouvoir prendre des décisions informées. Pour le moment les seuls critères pour utiliser un matériau c’est le goût et la facilité d’emploi, mais si vous avez des preuves à propos de la libération de métaux lourds alors vous pouvez choisir en vous basant aussi sur cette information.
Personne ne va vous interdire d’utiliser quelque chose qui est probablement un peu plus dangereux, mais vous prendrez une décision informée.
Donc je pense que ce sont des changements qui… ce sont des domaines de recherche dans lesquels on n’a pas besoin de beaucoup d’argent pour effectuer la recherche mais ça va beaucoup améliorer l’e-cig en tant que produit, et son profil de sûreté, même à une grande échelle sur l’ensemble du marché, très facilement sans augmenter le coût du produit.
Donc c’est quelque chose qui vaut vraiment la peine d’être fait.

G : Oui absolument. Vous pensez que vous allez faire une étude à ce propos à un moment ?

KF : Oui on a prévu plein d’études depuis quelques mois. Le problème habituel c’est le financement. Actuellement le dernier projet de recherche qu’on est en train de réaliser c’est la mesure des températures à l’intérieur de la mèche.

G : Oui c’est ce sur quoi vous travaillez en ce moment, c’est quelque chose d’important.

KF : Exact. C’est important car pour la première fois nous faisons ça dans des conditions réalistes. Nous avons réussi à passer un fil très fin et un capteur dans l’atomiseur et on utilise l’atomiseur complètement assemblé et un vapoteur expérimenté l’utilise.
Donc on ne fait pas qu’exposer la résistance et mesurer la température dans la mèche, c’est quelque chose que n’importe qui peut faire très facilement, mais ça ne représente pas une utilisation réaliste.
Donc on a complètement assemblé l’atomiseur, on utilise un reconstructible évidemment, et on mesure la température durant l’utilisation réelle. Et on va faire une étude clinique après ça, demandant à des vapoteurs expérimentés de vaper avec leurs propres liquides sur des atomiseurs qui auront été préparés avec un capteur. On va mesurer les températures dans des conditions réalistes et échantillonner un groupe de 20 ou 30 vapoteurs.
On est en train de préparer les protocoles à l’heure actuelle. Dans les prochains jours on va certainement lancer une campagne de financement participatif.
La précédente a remporté un franc succès, et comme vous le savez a débouché sur des résultats très importants et je pense qu’on va voir des changements intéressants dans l’industrie de l’e-cig, dans les processus de production des liquides grâce à cette étude.
On espère que la prochaine campagne de financement va remporter autant de succès. Je pense que mesurer les températures pendant la vape est un domaine de recherche excitant et que c’est le domaine le plus crucial en termes de sûreté.
Encore une fois nous ne faisons pas de la recherche pour faire interdire quoi que ce soit, mais je pense que cette recherche est importante pour les vapoteurs afin de prendre des décisions informées à propos de leur manière de vaper.
Par exemple pour le moment on ne sait pas quelles sont les interactions entre température, puissance, et durée de la bouffée. Il y a des gens qui ont peut-être peur d’utiliser des puissances plus élevées donc ils vapent à des puissances faibles mais ils prennent des bouffées très longues. Et on n’est pas sûrs si c’est réellement mieux que des puissances plus élevées avec des bouffées plus courtes. Ce qui est généralement le cas.

G : Oui, et pour l’utilisateur quand on fume une cigarette on prend souvent des bouffées plutôt courtes et on a un vrai hit, donc c’est pour ça que les gens utilisent des puissances élevées et des bouffées plus courtes, pour obtenir un peu la même sensation. Parce que quand les gens commencent à vaper, les premiers jours on leur dit toujours « il faut tirer plus longtemps dessus si tu veux avoir un gros hit » et des fois ça peut les éloigner de la vape. Donc c’est un point très intéressant.

KF : Je peux vous donner quelques résultats préliminaires de cette recherche, qui vérifient exactement ce que vous dites. On voit un très long délai entre l’activation de l’appareil et l’élévation de la température.
Et c’est pourquoi quand on fume, au moment où on prend la bouffée on a immédiatement la fumée chaude qui arrive parce que la cigarette est toujours en train de brûler. Avec les e-cigs on sait que l’appareil est inactif entre chaque utilisation donc on voit qu’il y a un très gros délai entre l’activation de l’appareil et l’élévation de température. Et ce délai se raccourcit plus on envoie de puissance dans l’atomiseur.
Donc on voit des résultats très intéressants à partir de ça, et ça nous donne de nouvelles idées pour améliorer la vape, tout en la rendant plus sûre.
Donc on a plein d’idées, on travaille actuellement sur ces expériences. Jusqu’à maintenant on paye nous-mêmes mais on espère que la campagne de financement participatif sera un succès. Et on va élargir cela car on a aussi besoin de faire l’étude clinique comme je l’ai déjà dit. Mais plus important on veut dupliquer ces conditions réalistes en laboratoire et mesurer le niveau de toxines que le vapoteur absorbe. Par exemple le formaldéhyde, l’acétaldéhyde etc.

G : En parlant des e-liquides, vous avez fait une étude sur les arômes, et les résultats ont été… pas inacceptables, mais assez négativement surprenants.
Pouvez-vous nous en dire un peu plus a ce sujet ?

KF : Oui, je suis d’accord avec vous, j’ai été moi même plutôt surpris avec les résultats. Nous connaissions en effet les problèmes relatif aux liquides contenant du diacétyle depuis 2008 mais le vrai débat s’est ouvert en 2010. C’est donc il y a 4 ans déjà que le problème était connu de tous. Mais il semble qu’il y ait un gros problème avec les arômes sucrés en particulier. À ce propos, je me dois de clarifier ce point : lorsque nous avions rapporté un pourcentage de 74% d’échantillons positifs au diacétyle, nous ne parlions que des arômes sucrés.
Ça doit être clarifié car beaucoup de gens croient que 74 % de tous les e-liquides sur le marché pourraient contenir du diacétyle. Non ! Nous avons spécifiquement évalué les arômes sucrés, car il était les plus susceptibles de contenir du diacétyle et de l’acétyle propionyle. Donc le pourcentage que nous rapportons concerne les arômes sucrés. Ils peuvent être présents dans d’autres types d’arômes, mais les niveaux seront bien plus faibles, la prévalence sera bien plus faible comparés aux arômes sucrés qui sont les plus suspects.
Ce point est clarifié sur le résumé de l’étude et il sera présent, bien sur, dans la publication finale qui sera présentée dans quelques semaines, si tout va bien.
C’est important de clarifier ça pour les consommateurs, qui pourraient croire autrement que 74% de la totalité des liquides est concernée par ce problème.

G : Oui, c’est ce que beaucoup de personnes m’ont dit. Ils pensaient que c’était le cas et je leur disais « je suis pas sûr, il me semble que ce n’est que les arômes sucrés, si j’ai bien compris ». Je n’étais moi-même pas sûr, pour tout te dire. Merci donc de clarifier ça ici.

KF : Et bien sûr les arômes sucrés sont très très populaires !

G : Absolument ! Je suis le premier à aimer ça, je suis un accro des fruités, je ne vape pas d’arômes tabac, c’est très bien les fruits. Il y a beaucoup de choix dans les « custards » aussi, qui sont encore bien plus sucrés. Mais déjà les fruités contiennent pas mal d’arômes sucrés en général.
Le problème, c’est que je pensais que lorsqu’un vendeur d’arômes disait qu’il n’y avait pas de diacétyle dedans, c’était vrai. Mais nous avons constaté, que même eux ne savent pas vraiment en réalité, car ils ne fabriquent pas toujours ces arômes.

KF : Oui, vous avez raison en effet. Je n’ai pas blâmé ces vendeurs pour avoir menti, car je pense qu’ils ne savaient pas. Et la raison pour laquelle ils ne savaient pas, mais ça nous devons admettre que c’est bien leur erreur, c’est que comme vous le savez, les vendeurs d’e-liquides ne produisent pas leur propre arômes.
Ils ont des fournisseurs qui leur vendent. Donc ce qu’ils ont fait, c’est qu’ils ont demandé à ces fournisseurs si leurs arômes contenaient du diacétyle et se sont contentés d’une réponse orale, ou d’un e-mail, et n’ont pas spécifiquement demandé des résultats de tests. C’est de là que le problème vient. Les fournisseurs eux même ont fourni des informations incorrectes, et vous savez, c’est très facile pour un arôme alimentaire de contenir ce diacétyle, car c’est légal.

G : Oui, pour manger.

KF : Oui, et c’est inoffensif quand on le mange. C’est pour ça qu’ils ne sont pas très regardant sur le fait que leurs produits contiennent, ou pas, du diacétyle.
Le problème, tel qu’on l’a exprimé dans l’article, c’est qu’il n’y a aucune industrie spécialisée dans l’inhalation des arômes. Donc pour le moment, il y a un mélange entre les arômes alimentaires et ceux utilisés pour l’e-cigarette mais nous n’avons pas tellement le choix pour le moment, il n’y a pas d’autre alternative que d’utiliser des arômes alimentaire approuvés.
En revanche, je pense que dans le futur nous allons voir se développer une industrie spécialisée dans l’inhalation des arômes…

G : Ça serait bien…

KF : … qui permettra également… Vous savez ça va prendre des années, soyons honnêtes !

G : … Oh oui.

KF : …ce n’est pas quelque chose qui va avoir lieu demain. Car même pour toutes ces produits approuvés en usage alimentaire, ils ont été testés pendant 15, 20 ans comme vous le savez, avant d’être sûrs qu’ils sont sans danger. Donc, ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire d’ici l’année prochaine ou d’ici deux ans. Cela va prendre du temps, ça va se faire progressivement. Mais je pense (et le plus tôt sera le mieux) que nous allons nous orienter vers une industrie spécifique aux arômes inhalés dédiés à la cigarette électronique.

G : Et puisque nous parlons de liquides, qu’en est-il des extraits de tabac comme le macérat de tabac ou des choses comme ça. Que pensez-vous de ces arômes ?

KF : En premier lieu, les consommateurs, les vapoteurs devraient savoir que ce ne sont pas des ingrédients approuvés pour un usage alimentaire… Parce que j’ai vu de nombreuses sociétés dire qu’elles utilisent des arômes alimentaires, alors qu’elles utilisent aussi de l’extrait de tabac. L’extrait de tabac n’a jamais été autorisé en usage alimentaire. Les vapoteurs devraient savoir cela.
Maintenant, il y a deux types d’extraits : l’un est l’extrait produit industriellement appelé généralement extrait de tabac ou macérat de tabac et nous avons aussi ce qui est appelé l’extrait naturel de tabac qui est préparé avec des méthodes faites maison.
Je veux dire, les fabricants prennent eux-mêmes des feuilles de tabac séchées et ils font une extraction des arômes, généralement à l’alcool, eau-alcool ou autre processus qu’ils connaissent, afin d’obtenir les arômes des feuilles de tabac.
J’accepte qu’ils ont probablement un goût plus réaliste, plus proche des cigarettes comparé au reste. C’est presque certain que ça va entraîner un risque plus important pour les utilisateurs comparé aux arômes alimentaires.
Cependant il semble que c’est toujours bien bien mieux comparé à la fumée de tabac, et la raison est simplement que, bien que vous ayez quelques substances qui proviennent des feuilles de tabac, vous n’avez aucune combustion avec l’e-cigarette. Et les températures en jeu sont bien plus faibles.
Donc vous n’avez pas tous les produits de combustion qui sont présents dans la fumée de tabac et qui ne seront pas présents dans la vapeur d’e-cig malgré le fait que vous utilisiez des extraits de tabac dans le liquide.
Dans l’étude de cytotoxicité que nous avons réalisée, nous avons trouvé que les échantillons avec extraits de tabac étaient plus toxiques que les autres, mais par contre ils étaient largement moins toxiques que la fumée de cigarette.
Nous avons aussi fait une étude chimique en analysant quelques carcinogènes dérivés du tabac, et pour vous dire la vérité dans la plupart des cas nous n’en avons trouvé aucun, même dans les liquides produits à partir d’extraits naturels de tabac.
Bien sûr nous ne testons la présence que de 10-12 substances, il y en a beaucoup plus que nous devrions tester, mais déjà ça montre que c’est bien mieux que la fumée de tabac.
Donc oui, ça peut entraîner un risque plus important pour l’utilisateur, mais le niveau de risque reste beaucoup beaucoup plus bas comparé au tabac fumé.
Et les utilisateurs devraient savoir cela.

G : Tout à fait. Dernière question sur les liquides : arômes naturels ou artificiels ? J’ai entendu un pharmacien dire que les arômes naturels n’étaient pas une bonne idée. Car les molécules étaient plus grosses et susceptibles de poser des problèmes dans les poumons. Que pouvez vous nous en dire ?

KF : Je suis surpris que vous ayez trouvé un pharmacien disant cela. La plupart des gens que j’ai entendu disent le contraire mais je pense qu’il avait raison. Je ne suis pas favorable à l’utilisation d’arômes naturels. La raison en est simple : quand vous faites un extrait naturel, vous extrayez beaucoup d’autres produits que les arômes. Ces substances peuvent être très bonnes à ingérer mais elles n’ont pas été faites , et ne sont pas présentes dans la nature, pour être inhalées.
Ainsi, cela ne signifie pas que cela puisse être dangereux. Mais nous n’avons pas de connaissances à ce titre. Et cela signifie que nous sommes exposés à plus de produits chimiques. Et des produits qui ne contribuent pas aux arômes mais auxquels nous restons exposés. Et nous ne connaissons pas le niveau de risque associé à cette exposition. A l’inverse quand vous fabriquez artificiellement un arôme naturel, la différence est que vous utilisez la seule substance qui contribue à l’arôme – pour la vanille, par exemple, c’est la vanilline – mais vous n’obtenez pas la vanilline en l’extrayant de la plante de vanille, mais en la produisant synthétiquement en laboratoire.

G : Oui

KF : Donc quand vous produisez synthétiquement de la vanilline vous obtenez de la vanilline très pure, et ce sera en réalité la seule substance à laquelle vous serez exposé. Et c’est la substance qui donne l’arôme. Si vous faites une extraction naturelle de vanilline, vous obtiendrez de la vanilline et une multitude d’autres composés chimiques.

G : Oui, car vous savez tout le monde dit que le naturel est meilleur. « Naturel ici, naturel là… » Ce devrait être meilleur…

KF : Oui, c’est très bien dans la nourriture. Vous l’utilisez pour vos desserts, votre café, vos préparations culinaires… Oui, mais ce sont des composés qui ont été produits en vue d’être mangés. Ce pourquoi ils sont présents dans la nature. Ils n’ont pas été mis là pour être chauffés et inhalés.
Donc je dis seulement que les extraits naturels comprendront beaucoup plus de composés chimiques que les arômes produits de façon synthétique et que nous ne savons pas – je n’affirme pas qu’ils sont dangereux mais juste que nous ne savons pas – s’ils sont ou non dangereux. Donc vous êtes exposés à beaucoup plus de produits indéterminés.

G : Vous savez, il y a certains arômes qui, quand vous les vapotez, encrassent la résistance beaucoup plus vite que d’autres. On dit souvent que ce sont les sucres – non que l’on ajoute du sucre – mais que ce sont les sucres du liquide qui encrassent les résistances. Que pouvez vous en dire ? Pourquoi avec certains arômes une résistance ne dure que deux jours et avec d’autres un mois et demi ? Qu’est ce qui produit ce phénomène ?

KF : Et bien, il semble bien que la plupart des résidus qui s’accumulent dans les mèches et les résistances proviennent des arômes. Vous devez comprendre que certains de ces résidus proviennent aussi de la poussière dans l’environnement. Car quand vous tirez une bouffée comme vous le faites maintenant, vous aspirez de l’air environnemental dans l’atomiseur. Et celui ci contient de la poussière que bien sûr nous ne voyons pas car les particules sont très petites, mais elles sont bien présentes. Et beaucoup d’entre elles restent probablement sur la résistance et y brûlent et c’est pourquoi elle noircit. De plus, il y a certains produits aromatiques qui peuvent par exemple présenter un point d’ébullition plus élevé et ne se diffusent pas dans la vapeur de la même façon que les ingrédients de base du e-liquide. C’est pourquoi ils stagnent dans la mèche et la résistance, sont chauffés de façon répétée à chaque activation de l’e-cigarette et c’est pourquoi vous obtenez ces résidus. Bien sûr je ne suis pas informé de recherches systématiques effectuées sur ce que contiennent ces résidus, mais je suis informé, comme vous le dites, que certains arômes produisent plus de résidus et d’autres moins. Probablement des composés chimiques des arômes eux-mêmes. Quand vous utilisez un liquide non parfumé, vous savez, la résistance peut durer longtemps. Ainsi que la mèche. Et vous n’obtenez pas tant de résidus. Cela vient le plus probablement de certains composés aromatiques.

G : Que dites vous aux politiciens, tous les gouvernements, qui répètent qu’il n’y a pas de preuve, qu’il n’y a pas assez de données, que bla bla bla… en fait vous avez écrit, vous avez signé, une lettre je pense avec 53 ou 56 autres scientifiques autour du monde.
Que dites vous ? C’est comme s’ils ne les voient pas, ils ne veulent pas les voir, ils ne veulent pas entendre parler des études. Parce qu’elles existent mais ils les ignorent. Que dites vous de ça ?

KF : Tout d’abord je peux vous assurer qu’ils ne les ignorent pas. Ils disent qu’elles n’existent pas mais ils savent très bien qu’elles existent.
Tout d’abord quand vous êtes un scientifique et que vous dites, après que les e-cigarettes existent depuis toutes ces années, on ne sait pas ce qu’il y a dedans, alors il y a quelque chose qui ne va pas avec votre « science », parce que si ça vous prend 5 ou 6 années pour comprendre ce qu’il y a dedans ou pour avoir une quelconque preuve de ce qu’il y a dedans, alors il y a quelques chose qui ne va pas avec vous, pas avec le produit. Et ce serait votre erreur si vous ne saviez pas encore ce qu’il y a dedans.
Bien sûr on ne sait pas encore tout. Mais on sait plutôt beaucoup de choses. En particulier à partir de les analyses chimiques, qui bien sûr, j’insiste, doivent être étendues, et nos dernières études sur le diacétyle prouvent que nous devons étendre la recherche et nos connaissances mais bien sûr nous somme loin de dire que nous ne savons pas ou qu’il n’y a pas de preuves.
Vous savez, ce n’est pas un cas où on ne tient pas compte des données, c’est un cas où ils expriment une opinion qui colle à leurs propres objectifs.

G : Bien sûr

KF : Et c’est la vérité. Et l’objectif est de restreindre l’usage de l’e-cigarette.
Je ne veux pas dire s’ils le font exprès ou par ignorance, mais je peux dire qu’ils ont juste tort, premièrement. Deuxièmement ils font une erreur en traitant l’e-cigarette de façon similaire à la cigarette de tabac. Et c’est une erreur fondamentale. Parce que, même si les cigarettes de tabac on été développées pour qu’un non-fumeur devienne un fumeur et de n’apporter aucun avantage à personne, ou à aucun groupe de la société, l’e-cigarette a été développée pour apporter un avantage à un groupe spécifique de la société qui sont les fumeurs.
Donc vous avez un produit qui, nous le pensons, sera bénéfique à la santé de quelqu’un qui adopte son usage au lieu de fumer. Donc, fondé là-dessus, il est complètement irresponsable de traiter l’e-cigarette de la même façon que la cigarette de tabac. Ce n’est pas seulement une nouvel usage qui a été développé, et on veut que tout le monde adopte ce nouvel usage. C’est un produit qui a été développé pour remplacer un produit très dangereux.

G : Que nous savons qu’il l’est.

KF : C’est complètement différent de l’histoire de la cigarette de tabac. Et quand je vois des opinions, faire la comparaison, avec la façon dont l’industrie de la cigarette de tabac s’est étendue dans les décennies passées, et que maintenant ils pensent que la même chose arrive avec l’e-cigarette, ils ne comprennent simplement pas le sujet !

G : Oui

KF : Ca n’a aucun rapport avec la cigarette de tabac. À part utiliser le terme « cigarette » dans l’acronyme, vous savez, le nom.

G : Oui

KF : Et c’est, vous savez, un tabou pour certaines personnes.

G : Eh bien pour moi…

KF : Mais la science, la science ne marche pas avec des tabous, et ne marche pas avec des idéologies, et la pire des choses qui arrive en ce moment c’est qu’on voit des scientifiques déformer des preuves scientifiques à cause de problèmes idéologiques. Le scientifique n’a pas à avoir des problèmes idéologiques quand il approche l’e-cigarette en tant que produit. Peut-être que c’est le travail du politicien d’avoir des problèmes idéologiques. Mais en tant que scientifique vous devriez retirer toute idéologie quand vous parlez de science. C’est aussi simple que cela.

G : Oui parce que c’est factuel.

KF : Tout à fait. Vous savez l’idéologie va résulter en déformation, mauvais représentation, désinformation du consommateur et les consommateurs, fumeurs et vapoteurs, ne sont pas des scientifiques et ne peuvent pas le devenir du jour au lendemain, donc il risquent d’être leurrés par ce qu’ils entendent, et j’ai vu des vapoteurs abandonner l’e-cigarette et recommencer à fumer parce qu’ils ont entendu quelqu’un dire que les e-cigarettes émettent des substances cancérigènes, et je connais beaucoup de fumeurs…

G : …vous allez avoir de l’eau dans vos poumons, et…

KF : …oui, oui, et beaucoup de fumeurs ont été découragés d’utiliser l’e-cigarette à cause de ce qu’ils ont entendu. Et je pense qu’il y a une responsabilité éthique de ces gens et ils devraient être tenus responsables de désinformer le public et d’avoir de tels résultats.
C’est mon opinion.

G : Ici au Québec et même partout au Canada, ce qui est en train de se passer, c’est qu’à Toronto, ils veulent interdire l’e-cig dans les endroits publics. C’est ce qu’ils essaient de faire en ce moment mais partout au Canada, particulièrement au Québec (c’est là que je vis), je peux vous dire que le département Santé au Québec, ils ont un beau document qui dit : « C’est une porte d’entrée vers le tabac ».

KF : Oui mais ils ne peuvent par fournir la moindre preuve.

G : Oui, ils disent qu’ils n’ont pas de preuve et bien sûr, c’est ridicule. Quand vous vapotez, vous savez que c’est ridicule de dire que si je sors avec ceci [montre une box] et que j’en prends une grosse bouffée, il y a quelqu’un de l’autre côté de la rue qui va se dire : « Oh il faut que j’aille acheter un paquet de cigarettes et commencer à fumer ». C’est ridicule.

KF : Haha, ce n’est pas de la science !
Je vais vous dire une chose. Il n’y a pas une seule observation qui montre un non-fumeur devenant un vapoteur régulier et qui après passerait de l’e-cigarette au tabac. Pas une seule observation ! Parce que « porte d’entrée », c’est ça que ça veut dire. Ça veut dire qu’un non-fumeur devient un vapoteur régulier – c’est très important car n’importe qui peut essayer une fois une e-cigarette. Si vous essayez une fois une e-cigarette et, un an plus tard, vous devenez un fumeur, ça ne signifie pas que l’e-cigarette a fait de vous un fumeur, si vous l’avez essayé une fois. Non, il faudrait passer de non-fumeur à vapoteur régulier et après, à fumeur. Pas un seul cas de cela n’a été observé. Donc l’hypothèse « porte entrée vers le tabac » n’est rien de plus qu’une hypothèse, et toutes les preuves excluent cette hypothèse.

G : Qu’en est-il des femmes enceintes ? Que pensez-vous de cela ? Nous ne sommes pas médecins, nous ne pouvons pas dire : « Vous devriez faire ceci, vous ne devriez pas faire cela ». Nous ne pouvons pas affirmer grand chose à ce sujet mais personnellement, quand je vois une femme enceinte et elle me dit : « Je fume et j’aimerais vapoter au lieu de fumer parce que je suis enceinte ». Je dis toujours : « Si vous n’arrivez pas à arrêter de fumer, bien sûr, passez à l’e-cigarette mais le mieux serait de, j’imagine, de ne faire aucun des deux mais bien sûr nous ne vivons pas dans un monde idéal ».
Que pensez-vous des femmes enceintes qui vapotent ?

KF : Je pense que, bien que nous n’ayons aucune preuve dans un sens comme dans l’autre, on sait que fumer fait des dégâts, on sait qu’il est dit que la nicotine est un risque pour le fœtus. Ceci dit, en se basant sur le sens commun et sans donner des conseil spécifique, je peux dire que vapoter est nettement préférable que fumer, bien que je pense que c’est encore plus important pour les femmes enceintes de renoncer aux deux, au moins pendant la grossesse. Mais vous savez, c’est la situation idéale, comme vous l’avez dit, c’est même l’idéal pour tout le monde mais je suggérerais, euh, j’ai tendance à croire, même s’il n’y a pas de preuve stricte, que la vape est nettement préférable au tabac durant la grossesse.

G : Particulièrement si c’est sans nicotine.

KF : Encore mieux, oui mais je pense qu’elles devraient essayer, autant qu’elles le peuvent, de renoncer aux deux, au moins pendant la grossesse.

G : Je pensais à une chose pendant que vous parliez. Beaucoup de gens disent (bien sûr, c’est de la désinformation) : « Vous allez avoir de l’eau dans vos poumons parce que c’est de la vapeur d’eau », ce que ce n’est pas d’ailleurs.

KF : Quel serait le problème avec la vapeur d’eau ? Pourquoi auriez-vous de l’eau dans vos poumons si c’était de la vapeur d’eau ?
Donc quand vous respirez tout près d’une bouilloire qui bout, vous allez quoi ? Vous noyer ?

G : C’est ça la question, merci.

KF : Jean-Philippe, je crois que ceci ne mérite pas d’être discuté. C’est une grosse blague et ça devrait être traité comme tel. D’abord, aucun scientifique ne prétend cela. Même les plus opposés à l’e-cigarette n’ont jamais prétendu que l’e-cigarette provoquerait une accumulation d’eau dans les poumons, parce qu’ils savent comment les poumons fonctionnent. En réalité, si vous allez dans un hôpital, vous verrez des personnes traitées avec de l’oxygène. L’oxygène passe dans de l’eau. La raison, c’est que l’air sec est dangereux pour les poumons. L’air doit être humide quand il entre dans les poumons. De ce fait, la vapeur d’eau est bénéfique pour les poumons. En réalité, elle ne s’accumule pas ; elle ne vous noiera pas et ne vous tuera pas. C’est une grosse blague et vous n’entendrez jamais un scientifique dire ça même si il est totalement opposé à l’e-cigarette. C’est totalement ridicule et ça doit être traité comme blague, rien de plus.

G : Avez-vous eu des retours à propos de la lettre envoyée à l’OMS, l’Organisation Mondiale de la Santé ? Avez-vous des retours de leur part ?

KF : Le retour, c’est : « Nous avons reçu votre lettre ». C’est la réponse qu’on a reçue. En fait, laissez-moi vous dire que nous avons envoyé 2 lettres. Après notre lettre répondant au rapport de Glantz, qui a récolté cent vingt et quelques signatures, ils [l’équipe Glantz] ont envoyé une lettre à l’OMS, disant : non, l’e-cigarette est dangereuse, etc. Et ils ont fourni des « preuves » scientifiques qui, de nouveau, ne sont pas scientifiquement recevables. C’est pourquoi nous avons préparé la lettre suivante, dans laquelle nous avons repris toutes les références mentionnées par Glantz, et nous avons expliqué à l’OMS pourquoi les conclusions étaient complètement différentes de celles présentées par Glantz. Donc nous avons envoyé cette seconde lettre et nous avons reçu une réponse de l’OMS, du bureau de la Directrice, Margaret Chan, disant : « Nous avons reçu vos 2 lettres ». Et c’est tout.
Cependant, après la 1ère lettre, l’OMS a quelque peu changé sa position sur l’e-cigarette. Ils ont dit : « Nous sommes en train d’étudier plus avant l’e-cigarette, toutes les preuves, nous rassemblons les preuves, nous essayons de voir ce qu’il en est vraiment », etc etc. Alors qu’avant cela, ils étaient très négatifs quant à l’e-cigarette. Maintenant, bien sûr, je ne crois pas que, d’un coup, ils aient complètement modifié leur attitude mais… euh… ils commencent à penser : « On ne devrait pas se presser autant ». Espérons-le ! On va voir…

G : Pouvez-vous nous dire, pour ceux qui veulent suivre ce que vous faites, votre travail, en plus de Facebook, quel est votre site ? Où peut-on vous trouver, suivre ce que vous faites ?

KF : Oui, c’est le blog sur lequel j’écris des commentaires. Pas à propos de mes recherches mais bien à propos de toutes recherches publiées sur l’e-cigarette. C’est http://www.ecigarette-research.com/ . Et vous y trouverez des commentaires, des analyses à propos de toute étude publiée sur l’e-cigarette. Pas seulement mes études mais aussi des études d’autres groupes de chercheurs. Je critique, je présente des résultats dans un langage facile à comprendre, en limitant le jargon, en essayant de rendre tout ça plus simple pour le lecteur moyen, non expert. J’espère qu’en cela, je réussis.

La raison, c’est que nous voulons propager toute information, qu’elle soit positive ou négative vis à vis de l’e-cigarette. Parce que je pense qu’on devrait savoir et comprendre tout, y compris les aspects négatifs. Et vous savez, ma dernière étude était en réalité négative pour l’e-cigarette. Bien que, de nouveau, elle confirme que l’e-cigarette est de loin moins toxique que le tabac, nous avons détecté un risque évitable. Nous pensons qu’un risque évitable devrait être évité au bout du compte. Et ça rendra l’e-cigarette beaucoup plus sûre qu’elle ne l’est maintenant. Donc, je pense que, même si cette étude est en réalité positive, elle présente une découverte négative pour l’e-cigarette. Et je suis convaincu qu’on ne doit cacher aucun fait que nous découvrons. Notre job, ce n’est pas présenter uniquement les aspects positifs mais aussi les aspects négatifs. Particulièrement quand quelque chose peut être amélioré, il est de toute première importance, non seulement de présenter la découverte, mais aussi de suggérer des solutions.
Et c’est la façon dont nous travaillons. Je pense que tout usager a le droit de savoir. Ou tout usager potentiel, le fumeur, a le droit de savoir le niveau de risques encouru, comparé au tabagisme. Comparé au tabagisme (je veux insister là-dessus). C’est cela que nous présentons.

Je ne prétends jamais que l’e-cigarette est absolument sans risque. Si je prétendais cela, je prétendrais alors que tout le monde pourrait se mettre à l’e-cigarette sans problème.
Je m’attends à ce que des risques résiduels, très petits à mon sens, puissent subsister et nous travaillons à la quantification des risques et à trouver des moyens d’améliorer encore davantage la sécurité de l’e-cigarette.

G : Juste avant de vous laisser, j’ai encore 2 questions pour vous. L’une a été posée par un de mes bons amis et je me demandais la même chose : quand on expire la vapeur et que nos enfants sont tout près (j’ai une fille de 5 ans), quand on expire la vapeur à côté d’eux, pensez-vous qu’il y a quelque chose de toxique pour eux ?

KF : Vous savez, il pourrait y avoir des substances toxiques parce que nous savons que certaines substances toxiques sont présentes dans la vapeur. Cependant ça dépend avec quoi vous comparez ça. Je vous donne un exemple. Asseoir l’enfant près de la mère quand elle cuisine, c’est probablement exposer l’enfant à plus de substances dangereuses que si vous asseyez l’enfant à côté d’un vapoteur.

G : OK

KF : Je ne dis pas cependant que c’est absolument sans risque ou pas toxique du tout, que c’est de la vapeur d’eau, etc. Ceci dit, il y a une étude de Goniewicz qui a découvert que ça émet de la nicotine et aucune autre substance que la nicotine. Et aussi notre propre étude a…

G : Et des petites quantités, des traces…

KF : Oui, des traces. Je dois dire que la nicotine, que l’exposition indirecte à la nicotine, n’a jamais été un problème avec la cigarette traditionnelle. Il n’a jamais été prouvé que ça causait, soit de la dépendance, soit des problèmes de santé. Et les problèmes causés par le tabagisme passif n’ont jamais été des problèmes d’exposition à la nicotine, parce que les quantités sont négligeables, même avec la cigarette traditionnelle. Donc pas seulement avec la cigarette électronique ou le taux est beaucoup plus bas. Même avec la cigarette traditionnelle. l’exposition indirecte à la nicotine n’a jamais été un problème.

OK, vous pouvez détecter de la cotinine dans l’urine mais en réalité, personne n’aura un problème de santé en respirant de la nicotine qui est dans l’air, venant de cigarettes traditionnelles ou d’e-cigarettes.
Ce sont les substances de combustion qui causent les problèmes du tabagisme passif. Et nous savons qu’avec l’e-cigarette, les substances dégagées sont presque à zéro dans l’environnement.
Peut-être l’usager est exposé à certaines d’entre elles mais elles ne sont pas détectables dans l’environnement.
Donc je ne dis pas que c’est totalement sans risque mais je vous donne le niveau de risque et vous décidez ce qu’il faut faire. Il n’y a pas de preuve que quelqu’un puisse endommager sa santé en étant à côté d’un vapoteur en train de vapoter. Il n’y a pas de preuve de cela. Le plus probable et qu’il n’y ait aucun préjudice ou alors un préjudice tellement mineur qu’il est non mesurable ou extrêmement faible.

G : C’est peut-être plus mauvais de manger chez Mc Donald ?

KF : Je vous le dis. C’est plus mauvais d’être dans la cuisine quand quelqu’un cuisine, particulièrement quand c’est une friture. Vous êtes alors exposé à beaucoup plus de substances de combustion que quand quelqu’un vapote à vos côtés. C’est la vérité. C’est la réalité.
Mais vous ne vous empêchez pas de cuisiner à la maison. Vous cuisinez. Il faut. C’est plus une question de choix personnels mais je vous le dis : les niveaux d’exposition ne peuvent pas être comparés à ceux de la cigarette traditionnelle.

G : Quel est votre avis sur la limitation du taux de nicotine dans les e-liquides ? Pensez-vous que des personnes ont besoin de 50mg pour arrêter de fumer ? Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

KF : Je suppose que vous connaissez ma réponse parce que je me suis battu intensément contre la limite annoncée par l’Union Européenne dans la dernière directive des produits du tabac. Plus spécifiquement, j’ai envoyé une lettre qui a été suivie par une autre, signée par de nombreux experts et dans laquelle nous avons essayé de leur expliquer pourquoi ils ont mal interprété mon étude sur les taux de nicotine. Je leur ai expliqué que j’y analysais la présence de nicotine dans la vapeur et non pas la nicotine absorbée par le vapoteur. Et mon étude ultérieure montrait que, bien que le taux de nicotine peut-être le même que dans la fumée de cigarette, 1/3 en moins est absorbé. Non, on absorbe 3 fois moins de nicotine dans l’organisme. Parce que c’est ce qui est absorbé qui compte, pas toute la nicotine contenue dans la vapeur.
Donc vous savez que je ne suis pas favorable à l’imposition de limites. Ils peuvent imposer des limites par sécurité, pour éviter des mauvais usages. Par exemple quelqu’un pourrait accidentellement boire l’e-liquide ou en avoir sur la peau. Mais je peux vous dire : pour une énorme variété d’autres produits, pourtant très à risques, des limites de quantité ne sont pas imposées. Par exemple l’eau de javel, par exemple les lessives, par exemple beaucoup beaucoup de produits d’entretien, produits cosmétiques, médicaments. Vous savez, si vous prenez 30 comprimés de paracétamol, vous allez mourir. Pas seulement vous : 3 personnes pourraient mourir de 30 comprimés de paracétamol si chacun en prend 10. Pourtant la quantité n’est pas limitée dans les paquets de paracétamol. Ce n’est pas limité à 10 comprimés par boîte ou moins, juste parce que 30 comprimés pourraient tuer quelques personnes. Vous savez, ça n’a aucun sens. On ne limite pas la vitesse des voitures à 60 km/h parce que au-delà de 60 on a plus de chances de tuer quelqu’un dans un accident. Non, on reçoit le conseil de comment utiliser la voiture, on sait, on est éduqué à ce sujet, mais on a la possibilité de conduire à 150 km/h.
Donc je ne comprends pas pourquoi de telles restrictions devraient être imposées aux e-liquides et encore moins quand je suis sûr que ça va empêcher beaucoup de fumeurs de passer à l’e-cig. Car étant donné les taux de nicotine que nous avons trouvé dans la plasma – et vous savez que pour la 1ère fois, nous avons utilisé un dispositif de nouvelle génération, nous avons vu que la vitesse d’absorption est très basse. De ce fait, il a des personnes qui ont besoin de taux bien plus hauts que les 18 ou 24 mg par ml qui sont habituellement disponibles. Et certainement plus haut que les 20 mg qui vont être la limite dans l’Union Européenne à partir de 2016. Il y a beaucoup de fumeurs qui ont besoin de beaucoup plus de nicotine. En fait, ils ne peuvent pas l’absorber. Ils ne peuvent pas l’absorber assez rapidement sauf s’ils utilisent un très haut taux de nicotine dans leur e-liquide.
Bien sûr le problème avec les e-liquides, c’est que le hit dans la gorge sera très fort quand vous vapez à un très haut taux de nicotine.

G : C’est ce que j’allais demander car ici, les médecins disent, par exemple : « Après 10mg, si ce n’est pas assez, vous devriez prendre 20mg, pas plus parce que votre gorge va être, va être… »

KF : Certaines personnes peuvent supporter ça. D’autres non. Malheureusement, avec la cigarette traditionnelle…

G : Oui mais ils disent : « Utilisez-la avec un patch »

KF : Oui, c’est une idée.

G : C’est ce que nous entendons beaucoup de la part des médecins, du moins ici au Québec.

KF : Je pense que c’est une très bonne idée bien qu’il faille être un peu prudent avec ça parce que vous prenez de la nicotine à partir de 2 sources différentes. Il faut être prudent pour ne pas surdoser. Mais je pense que ça ne va pas régler le problème parce que je pense que c’est surtout un problème de vitesse d’absorption. Parce que au bout du compte vous atteindrez la quantité de nicotine que vous obtenez en fumant mais avec la vape, ça prend beaucoup plus de temps. Ainsi les quantités dans le plasma après avoir fumé une cigarette pendant 5 minutes sont égales aux quantités après avoir vapoté à 9 watts pendant 35 minutes. Donc ça prend 35 minutes pour attendre les quantités qu’on atteint en 5 minutes avec la cigarette traditionnelle.

G : 18 mg ?

KF : Oui, un liquide à 18 mg. Nous avons aussi testé ça et en réalité il contenait 17,7mg. Donc c’était assez juste. 18, c’était l’étiquette.

Donc, en réalité, vous avez besoin… En fait, si vous voulez la rapidité vous avez besoin d’un taux plus haut de nicotine. Le problème est que dans les cigarettes traditionnelles, il y a des substances qui agissent comme des anesthésiants locaux sur la gorge et réduisent l’irritation. Malheureusement, nous n’avons pas ça dans les e-liquides mais si quelqu’un peut supporter le hit dans la gorge, venant de la nicotine ou, par exemple peut éviter l’usage de PG et utiliser seulement de la VG dans l’e-liquide, avec un taux élevé de nicotine, alors pourquoi ne pas permettre ça si ça permet de ne plus fumer ? Je ne comprends pas ça. Les gens devraient pouvoir avoir le choix.

G : Et bien Docteur, un grand merci pour votre temps. Je sais que vous êtes toujours occupé. Il est tard maintenant pour vous. Je vous souhaite une très bonne nuit, de doux rêves et j’espère que nous nous rencontrerons de nouveau pour discuter et j’espère que je vous rencontrerai un jour en personne.
Donc merci beaucoup beaucoup et j’espère qu’on vous reverra bientôt.

KF : C’était un plaisir. Mes meilleures pensées à la communauté des vapoteurs canadiens et à mon ami David Sweanor qui est professeur de droit à l’Université d’Ottawa et un grand défenseur de l’e-cigarette, sous l’angle du droit.
Je vous souhaite bonne chance parce que j’entends que vous avez de gros problèmes avec vos vacances et, au cas où vous avez besoin d’aide, dans une perspective scientifique de défense de l’e-cigarette, vous connaissez les personnes qui les personnes qui se basent sur des preuves strictement scientifiques.

G : Très bien. Merci beaucoup. Au revoir.

KF : Au revoir.

Un grand merci aux rédacteurs et traducteurs.

Témoignage et conseils d’une vapoteuse débutante

Comme tous les vapoteurs, Farida a rencontré des difficultés à son début du vapotage.

Non, vous n’êtes pas tout seul dans vos difficultés.

C’est la raison pour laquelle j’ai voulu que cette vidéo vous rassure, et je remercie Farida de l’avoir enregistré en toute simplicité.

Tous les débutants ont les mêmes soucis que vous, et les vapoteurs experts sont aussi passés par cette étape de la découverte. Le principal est de ne pas lâcher l’affaire, de continuer à vapoter et surtout, de tout faire pour ne pas retomber dans l’enfer du tabac.

Le plaisir de vapoter peut se comparer au plaisir de conduire.

La première fois que l’on saisit un volant, on ne peut pas dire que l’on soit vraiment à l’aise.

Mais à force d’aller aux cours de conduite, de s’entrainer, de recevoir de l’aide… on parvient à se sentir bien,  et à maîtriser des habitudes qui finissent par devenir des réflexes.

Et c’est là que commence le réel plaisir de conduire, et donc de vapoter… c’est à dire lorsqu’on n’est plus obligé de réfléchir pour apprécier !

Tant qu’on ne connait pas tout, on est déstabilisé, mais l’habitude fait que les petits soucis s’effacent et donne place à un réel plaisir de vapoter.

Farida témoigne ici de ses difficultés, mais aussi de la réussite de son sevrage tabagique grâce à la vape.

Peut-être qu’en l’écoutant, vous vous sentirez moins seul(e) !

Comme elle l’explique très bien dans sa vidéo, il y a boutique et boutique…

Pour savoir si la votre est la bonne, allez-jeter un oeil ici : Bon ou mauvais shop ?

Farida, c’est à toi, et merci pour cette vidéo, qui je suis sûre en rassurera plus d’un !

Les différents modes de vape expliqués aux débutants (Power, Watt, Bypass, TC, TCR..)

Ces différents modes de vape figurant sur la plupart du matériel dernière génération, ne sont pas toujours faciles à comprendre pour un primo vapoteur (Power/Watts/VW, Bypass, TC SS, TC NI, TC TI, TCR ?…..).

Pour beaucoup de vapoteurs, le contrôle de température (tous les T…) est un mode un peu spécial.  Certains ne  l’utiliseront jamais, d’autres se feront une joie de se familiariser avec les réglages complexes que cela impose. Perçu dès ses début comme une technologie plus évoluée et perfectionnée de vape, cette option n’a pas fait une majorité d’adeptes.

Merci à @Caracole Vape qui donne des bases très claires sur tous ces modes, pour permettre à chacun d’aller plus loin dans la recherche de SA vape (cliquez sur le lien ci-dessous) …

Réflexions & usages des sels de nicotine (par Mickaël Hammoudi)

Dossier 2

Cet article n’est pas de moi.
Il a été écrit le 22 juin 2018 par Mickaël Hammoudi (Alias Mcortex).
Je ne fais que le retranscrire ici en intégralité, pour être en mesure de faire profiter les vapoteurs n’étant pas fans des réseaux sociaux.
Ce dossier effectué six mois après le premier, traite de mes retours d’expériences et connaissances sur le sujet hautement vaste que sont les sels de nicotine. Nous manquons encore en France cruellement de donnée sur ses manières de fonctionner ou d’études sur les décompositions, aussi voyez ce dossier comme un retour d’utilisateur passionné par le sujet et surtout l’arrêt de la cigarette avec la vape. Je ne suis pas scientifique, je ne suis pas médecin, je suis un autodidacte curieux. Mes constatations ne peuvent être considérées comme acquises.

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Les sels de nicotine, c’est quoi ? (explications de Mickaël Hammoudi)

Dossier 1

Cet article n’est pas de moi.
Il a été écrit le 3 décembre 2017 par Mickaël Hammoudi (Mcortex).
Je ne fais que le retranscrire ici en intégralité, pour être en mesure de faire profiter les vapoteurs n’étant pas fans des réseaux sociaux.
Voilà plusieurs mois que je travaille sur le sujet et il est temps de passer à table afin d’éclaircir des points d’ombre pour bien des consommateurs et des professionnels, on ne peut en effet passer à côté de cette opportunité pour les fumeurs.
C’est du Sel ?  Eh bien, oui … et non.

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Peut-on vapoter du CBD ?

Je vais essayer de résumer ce que cette molécule peut apporter de positif, sans faire l’apologie des substances
psychoactives bien sûr… et de vous aider à choisir et utiliser votre e-liquide au CBD dans les meilleures conditions.

Mais que veut dire CBD ?

Le groupe des cannabinoïdes ou phytocannabinoïdes (éléments présents naturellement dans la plante) est composé d’une
centaine de substances, dont le CBD et le THC, étant toutes deux les plus étudiées dans les domaines scientifiques et
médicaux.

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Le bon équilibre hit/vapeur/saveur

Sur ce sujet, plusieurs grandes écoles de vapoteurs se distinguent.

La sensation de hit (sensation de picotement dans la gorge au passage de la vapeur lorsque vous tirer sur votre
cigarette électronique) peut se ressentir différemment selon le vapoteur.

Le matériel prend donc une place significative dans la réponse à cette question. Atomiseur reconstructible,
clearomiseur, drippers… leur conception peut jouer un grand rôle dans le rendu des saveurs pour cigarette
électronique et/ou de la production de vapeur.

Choisir sa cigarette électronique pour les saveurs

Si le hit vient principalement de la nicotine, pour certains vapoteurs les saveurs sont d’autant plus importantes. Le hit que peut procurer certaines saveurs n’est pas à négliger, et son effet aidant au sevrage tabagique non plus.

Pourquoi se diriger vers un hit « saveur »

La nicotine n’est pas le seul élément pouvant permettre à un utilisateur de cigarette électronique de se passer du tabac. De nombreuses marques d’e liquides se sont dirigées vers des recettes complexes et très travaillées pour les vapoteurs les plus exigeants.

Le goût utilisé dans sa cigarette électronique peut donc jouer un très grand rôle dans le cheminement qu’est le sevrage tabagique.

En effet, chaque note d’un e liquide complexe, ou dit « premium », peut apporter cette sensation de satiété et déclencher ce qu’on appelle le système de récompense du cerveau. Bien sûr, cette récompense peut aussi être occasionnée par des e-liquides simples (mono-arômes) en fonction des papilles gustatives de chacun (au même titre que certains préfèreront les arômes fruités, gourmands, tabacs…).

Le vapoteur préférant les saveurs de sa cigarette électronique aux montagnes de vapeur se dirigera donc plus naturellement vers des e liquides américains ou français aux multiples saveurs.

Mais sans le matériel adapté, même le plus fou des e liquides premium ne pourra exalter tout son potentiel.

Quelle cigarette électronique pour favoriser les saveurs ?

Les fabricants de e cigarette ont su améliorer au fil du temps la qualité de leurs résistances et du coton utilisés pour créer des cigarettes électroniques dirigées saveur.

Pour profiter au maximum d’un e-liquide premium il faudra se diriger vers un atomiseur ou clearomiseur pas trop aérien et au drip-tip moins large. Le réglage de l’airflow sera alors également important. Sur un atomiseur de type aérien il faudra veiller à resserrer les arrivées d’air pour une vapeur plus concentrée en goût.

On peut tout à fait obtenir un hit dirigé saveur avec un atomiseur reconstructible, mais il faudra bien le choisir, et surtout… connaître la base des montages, la loi d’ohm, pour ne pas faire d’impairs.

Les atomiseurs reconstructibles avec tank (RTA) sont à mon avis les mieux placés pour procurer de belles sensations au niveau des saveurs. Privilégiez alors les atomiseurs RTA en mono coil avec un airflow pas trop grand et une cheminée plus courte.

Du côté des drippers, il faudra opter pour des arrivées d’air réduites et une cloche (là où se cache la résistance) plus étroite pour ne pas perdre en saveur.

L’avantage d’une vape savoureuse est qu’elle ne nécessite pas de puissance très élevée et les résistances entre 0.9 et 2.0 ohm feront parfaitement l’affaire.

Quel e-liquide choisir ?

Pour une cigarette électronique avec du goût, le choix du e liquide sera également important. Nous vous conseillons d’opter pour un eliquide composé de 50% de propylène glycol (PG) et 50% de glycérine végétale (VG).

C’est pour moi un bon compromis pour un rendu de saveur plaisant, le propylène glycol faisant mieux ressortir les arômes.


Choisir sa e-cigarette pour la vapeur

De la vapeur, encore de la vapeur et toujours plus de vapeur !

Les e cigarettes proposant aujourd’hui des wattages hallucinants et des atomiseurs reconstructibles supportant toujours plus de puissance sont très nombreux… mais ne conviennent pas à tout le monde.

Pourquoi rechercher la vapeur ?

Ces dernières années nous avons assisté à une évolution impressionnante du matériel et surtout celui qui ferait le plus de vapeur, et ce bien sûr… pour le plus grand plaisir des amateurs de gros nuages… (cloud chasing).

Mais pourquoi toujours plus de vapeur ?

Le visuel joue un rôle très important dans l’arrêt du tabac, et la vapeur peut créer autant de satisfaction que les saveurs.

En effet, la dépendance à la vraie cigarette ne se situe pas simplement à la nicotine. Un fumeur est souvent accroc au geste et à la fumée, qui sera alors remplacée par la vapeur.

Quelle e-cigarette pour la vapeur ?

Quand il est question de production de vapeur, les vapoteurs se dirigent plus naturellement vers le reconstructible. Entre dripper (sans réservoir de e)liquide), RDTA (reconstructible de type dripper avec un tank) et RTA (reconstructible avec un tank) les choix sont multiples, mais le fil résistif choisi et le coton joueront également un rôle très important.

Pour cette vapeur importante, une valeur de résistance basse, des fils résistifs toujours plus exotiques et des montages rocambolesques existent, mais il ne faut pas faire n’importe quoi…

Les fabricants, comme Smoktech par exemple, ont su également proposer des atomiseurs aux résistances pré-faites pouvant produire un maximum de vapeur et supporter des puissances élevées.

Pour cela l’airflow est plus large et grand ouvert, sans oublier une cheminée également large et un drip-tip en conséquence : plus court et plus large. La gamme des TFV de Smoktech est une très grande réussite dans cette catégorie,

Pour ce type de matériel nous vous conseillons l’utilisation de drip tip en PEI pour une parfaite isolation de la chaleur.

Taux de Propylène Glycol et de Glycérine Végétale ?

Si le matériel et les connaissances en reconstructible sont importants, le taux de PG/VG du e liquide l’est également pour faire un maximum de vapeur.

La VG (glycérine végétale) sera l’ingrédient principal du e liquide à choisir comme les eliquides en 20VG/80PG.


Alors… hit, saveur et/ou vapeur ?

Contrairement à ce que l’on peut croire, la cigarette électronique n’est pas que vapeur ou que saveur.

Il existe de multiples réglages pour nuancer sa vape et obtenir un juste milieu.

Il n’existe pas de réglage parfait pour avoir une e cigarette mêlant hit, saveur et vapeur. Cela dépendra bien sûr du vapoteur et de ce qu’il recherche. Rien ne vaut les tests en boutique ou ceux entre vapoteurs lors des vapéros organisés dans chaque ville.

Le choix du drip-tip, le réglage des arrivées d’air et même le choix du fil résistif en inox ou kanthal pour le reconstructible peut permettre de transformer une e cigarette faite pour la production de vapeur en un bijou de saveur.

Les fabricants ont su également créer des e-cigarettes hybrides pouvant, à l’aide de résistances différentes, proposer des nuages de vapeur ou des palettes de saveurs et de goûts.

Et pour certains modèles, même lier les deux.

Et vous, vous êtes plutôt saveur ou vapeur ?

Vous pouvez nous donner votre préférence dans les commentaires ci-dessous. 

https://ludivape.com/trouver-sa-vape/

https://ludivape.com/choisir-un-fil-resistif-adapte-pour-son-materiel-et-sa-vape/

C’est quoi le drip tip ?

Ce petit objet sans prétention qui vous sert à aspirer dans votre vaporisateur personnel a une importance capitale que l’on oublie souvent de développer.

Chacun fera ce qui lui plait sur le plan esthétique, mais il est utile de s’intéresser à son influence sur la vape, à sa cohérence avec l’atomiseur et la vape qu’on souhaite avoir.

Continuer la lecture de C’est quoi le drip tip ?

C’est quoi les sels de nicotine ?

Des e-liquides contenant une nouvelle forme de nicotine sont en vente.

En quoi ces sels de nicotine changent-ils le vapotage?
Peuvent-ils présenter des risques?
Que peuvent-ils apporter aux produits du tabac chauffé contenant de la nicotine?

Etat des lieux des connaissances actuelles sur les sels de nicotine.

(Source « Stop-Tabac.ch » article de Anne-Sophie Glover-Bondeau | Décembre 2017)

S&paration 1

Sels de nicotine : qu’est-ce que c’est ?

La nicotine utilisée dans les e-liquides est une forme de nicotine purifiée. Elle est aussi appelée nicotine-base. Cette nicotine a subi plusieurs traitements : traitement chimique pour être extraite des plants de tabac puis épuration. «On laisse agir de la soude (un acide) sur les feuilles de nicotine pour obtenir de la nicotine-base» explique Jacques le Houezec, scientifique et tabacologue spécialiste de la nicotine. «Cette nicotine qui est utilisée pour les-e-liquides et les substituts nicotiniques a un PH autour de 8» précise-t-il.

Les sels de nicotine, eux, sont la forme de nicotine la plus proche de la nicotine naturelle. «On utilise une base, la nicotine-base (celle décrite ci-dessus) à laquelle on ajoute un acide, pour sortir les sels de nicotine » informe Jacques Le Houezec. Cela retransforme la base en une solution plus acide. Les sels de nicotine ont un PH de 5-6, comparable à celui de la nicotine que l’on trouve dans les cigarettes blondes. Divers acides sont utilisés pour créer une réaction chimique avec la nicotine-base dont l’acide benzoïque. «Les e-liquides aux sels de nicotine sont un courant initié par l’entreprise Pax Labs, fabricants de la cigarette électronique JUUL ; leur formulation associe de la nicotine à de l’acide benzoïque » informe Ghyslain Armand, du magazine en ligne Vaping Post. A l’heure actuelle, certains fabricants commencent à produire des e-liquides aux sels de nicotine aux Etats-Unis, alors qu’ils ne sont encore que deux ou trois à le faire en France.

Sels de nicotine versus nicotine : ce qui change pour les vapoteurs

Que ce soit pour les cigarettes électroniques ou les produits du tabac chauffé, les fabricants cherchent à atteindre le niveau de nicotine fourni par les cigarettes combustibles, qui restent le dispositif délivrant le mieux la nicotine. Une étude a montré que le produit du tabac chauffé IQOS délivrerait 30% de nicotine en moins qu’une cigarette Marlboro(1). Les cigarettes électroniques de 2ème et 3ème génération délivrent plus de nicotine que celles de 1ère génération mais elle n’est cependant pas délivrée aussi vite qu’avec une cigarette traditionnelle. En outre, il faut beaucoup plus de bouffées en vapotant qu’en fumant pour obtenir le même taux de nicotine dans le sang.

Le problème avec les e-liquides contenant de la nicotine purifiée ou nicotine-base est qu’il faut beaucoup de vapeur et des concentrations élevées de nicotine dans les e-liquides pour obtenir le taux de nicotine dans le sang dont certains fumeurs ont besoin pour se passer de cigarette traditionnelle. Le hit trop puissant est alors désagréable. Une arrivée de vapeur trop forte dans l’arrière-gorge irrite la gorge et fait tousser. Cela peut constituer un élément bloquant pour les primo-vapoteurs (ceux qui commencent à vaper) notamment. Lorsqu’ils fument des cigarettes traditionnelles, ils ne sentent pas le hit car elles contiennent du menthol ou d’autres additifs qui atténuent le goût âcre de la fumée et facilitent l’inhalation.

Brochure: les addifs du tabac | L’ingénierie de la cigarette et la dépendance à la nicotine

Les vapoteurs débutants peuvent donc être tentés de diminuer la concentration de nicotine dans les e-liquides pour avoir la gorge moins irritée mais ils n’ont alors pas la dose de nicotine qu’il leur faudrait dans le sang.

Les sels de nicotine permettent d’améliorer la délivrance de nicotine avec des e-liquides fortement dosés en nicotine (20mg/maximum en Europe, environ 50mg/ml aux Etats-Unis) en supprimant le hit. Une nicotine avec un PH plus bas (plus acide) est en effet moins irritante et facilite donc l’inhalation.

Des études réalisées par Pax Labs ont indiqué que les e-liquides aux sels de nicotine permettaient en outre une assimilation plus rapide de la nicotine (2). Mais aucune courbe de cinétique n’indique que l’absorption de nicotine est meilleure. Jacques le Houezec attend donc des données indépendantes de pharmacocinétique pour se prononcer sur ce fait. Pour lui, «ces sels de nicotine n’entraînent pas une absorption plus rapide de la nicotine – quelle que soit l’acidité avec laquelle la nicotine atteint les poumons, il y a une substance tampon sur les poumons qui fait que la nicotine va être mise à un PH physiologique – mais permettent une inhalation plus facile avec des liquides plus fortement dosés en nicotine». «C’est un accélérateur pour avoir plus rapidement la dose voulue de nicotine » estime Sébastien Béziau, créateur du blog et du magazine VAPYOU et vapoteur qui teste les sels de nicotine.

Sels de nicotine : des avantages pour les fumeurs de cigarettes électronique (et de produits du tabac chauffé ?)

« Les sels de nicotine permettent d’avoir des e-liquides contenant le plus fort taux possible de nicotine (46-56 mg de nicotine par millilitre aux Etats-Unis ou maximum 20mg de nicotine autorisés en Europe) mais sans avoir de hit » explique Ghyslain Armand. «Il y a un réel avantage pour les vapoteurs qui ont un fort besoin de nicotine pour pouvoir se passer des cigarettes». «En outre, cela a un impact sur l’aspect comportemental : les vapoteurs peuvent vapoter comme ils fumaient et ne pas avoir une cigarette électronique toujours en bouche» indique-t-il. Un atout confirmé par Sébastien Béziau: «En 2 ou 3 bouffées, on peut avoir le même plaisir qu’avec une cigarette» Et de préciser son expérience : «Pour avoir ma dose de nicotine je vapais toute la journée. J’utilisais entre 8 et 10 mL par jour de e-liquide en 6 mg/mL. Je suis passé à 2mL par jour en 20mg/mL. J’ai toujours la même dose de nicotine en valeur absolue mais je n’ai plus tout le temps ma vapoteuse dans les mains. Je produis beaucoup moins de vapeur et c’est bien moins « visible » pour ceux que cela pourrait déranger.» Celui-ci souligne un autre avantage des e-liquides aux sels de nicotine: «cela permet d’avoir un matériel plus petit, avec moins de puissance, qui a moins besoin d’être rechargé, plus simple». Pour lui, il y aura d’ailleurs bientôt du matériel plus adapté, plus léger pour ces e-liquides aux sels de nicotine.

Les sels de nicotine intéressent aussi les fabricants de tabac. Ainsi, le produit STEEM du groupe Philip Morris (rachat d’un brevet en 2011 par le groupe) est basé sur les sels de nicotine. Ce produit génère une vapeur contenant de la nicotine sous forme de sels de nicotine. C’est une réaction chimique entre la nicotine et un acide organique (acide pyruvique) qui crée une vapeur contenant du sel de nicotine (puryvate de nicotine). Les particules fines très solubles dans l’eau seraient inhalées facilement. Les études menées par Jed Rose (inventeur du produit) et son équipe ont conclu que le puryvate de nicotine serait plus efficace au niveau pulmonaire que la nicotine pure. Comparativement au placebo, l’inhalation de pyruvate de nicotine produit une forte augmentation des taux de nicotine dans le plasma et satisfait les fumeurs (3).

E-liquides aux sels de nicotine : pour qui ?

Les e-liquides aux sels de nicotine sont tout d’abord intéressants pour le profil des primo-vapoteurs. Jacques le Houezec voit les sels de nicotine comme un produit de transition pour certains fumeurs qui passent à la vape et qui n’arrivent pas à obtenir suffisamment de nicotine car ils ont du mal avec des bouffées plus importantes (nécessaires lorsque l’on vape pour ne pas avaler d’air avec la vapeur) qui irritent la gorge. C’est le cas de ceux ayant une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), un emphysème, ou de très gros fumeurs avec une arrière-gorge très abîmée. «Les sels de nicotine leur permettent de vapoter quelque chose d’efficace sans avoir d’irritation» explique le Pr le Houezec. « Ensuite, ils peuvent repasser à de la vape traditionnelle. Cela les aide à passer le cap de l’arrêt de la cigarette ».

Les sels de nicotine sont également intéressants pour ceux qui vapotent beaucoup car ils ont un fort besoin de nicotine. «Ceux qui consomment par exemple 30mL par jour peuvent avoir un petit système de e-cigarette produisant un aérosol moins « aérien » qui leur délivre des doses de nicotine plus importantes. Cela va leur permettre de diminuer la quantité de vapeur inhalée chaque jour» informe J. le Houezec.

Sels de nicotine : risques éventuels et précautions d’usage

Pour Jacques Le Houezec, spécialiste de la nicotine, les sels de nicotine ne présentent pas de danger sanitaire car c’est une des formes de la nicotine. Des scientifiques s’inquiètent de la présence de benzène du fait de l’association nicotine/acide benzoïque dans la JUUL. Le Dr Konstantinos Farsalinos a souligné le potentiel dangereux de certains acides qui pourraient être utilisés pour extraire les sels de nicotine. Aujourd’hui par exemple, les effets à long terme du benzène inhalé ne sont pas connus. Le groupe PMI, lui, a mené des recherches sur des animaux sur l’inhalation d’acide pyruvique : seuls des effets biologiques mineurs ont été observés.(4)

«Comme ces e-liquides sont très fortement dosés en nicotine, il ne faut pas les utiliser sur des appareils à grosse puissance mais sur des résistances à faible puissance pour éviter des shoots de nicotine ultra-violents» prévient Ghyslain Armand. Le risque de ces très fortes doses de nicotine reste cependant modéré, cela entraîne au pire des vomissements. «Utiliser un petit matériel pour vapoter des sels de nicotine est une recommandation en l’absence de données et aussi parce que cela ne présente pas trop d’intérêt d’utiliser des matériels plus puissants» estime le Pr le Houezec» «Il va y avoir des tests avec des mesures d’émission qui nous permettront de faire de nouvelles recommandations».

«Le hit étant absent, on peut inhaler des bouffées à répétition sans sentir le hit et cela monte vite à la tête» estime Ghyslain Armand. «Ce qu’on peut craindre, c’est leur potentiel addictif beaucoup plus fort, mais généralement le vapoteur maîtrise très bien sa dose de nicotine» souligne Ghyslain Armand du Vaping Post. Pour ce qui est d’une dépendance potentiellement plus importante chez les non-fumeurs, le pharmacologue Jacques Le Houezec trouve cela improbable. «Pourquoi un jeune qui trouve du plaisir en vapant des sels de nicotine se tournerait-il vers les cigarettes ?» Pour lui, ce n’est pas plus un risque que la fameuse crainte de passerelle entre vapotage et tabagisme.

Les sels de nicotine vont continuer à faire parler d’eux.

Beaucoup de données manquent encore pour donner toute l’information aux consommateurs.

Le Pr le Houezec va lancer une étude pour savoir si les sels de nicotine pourraient permettre à certains profils de fumeurs de s’arrêter plus facilement de fumer qu’avec la vape traditionnelle. Un des principaux avantages est qu’on inhale moins d’aérosol, et donc qu’on s’expose moins aux substances contenues dans l’aérosol

(Source « Stop-Tabac.ch » article de Anne-Sophie Glover-Bondeau | Décembre 2017)

REFERENCES

(1) Konstantinos E. Farsalinos, MD Nikoletta Yannovits, PhD Theoni Sarri, PhD Vassilis Voudris, PhD Konstantinos Poulas, PhD, Nicotine Delivery to the Aerosol of a Heat-Not-Burn Tobacco Product: Comparison With a Tobacco Cigarette and E-CigarettesNicotine & Tobacco Research, 16 juin 2017, https://doi.org/10.1093/ntr/ntx138

(2) Nicotine salt formulations for aerosol devices and methods thereof Oct 10, 2014 – PAX Labs, Inc.
https://patents.justia.com/patent/9215895

(3) Rose et al. Pulmonary delivery of nicotine pyruvate: sensory and pharmacokinetic characteristics. Exp Clin Psychopharmacology. 2010;18:385-394, Erratum in: Exp Clin Psychopharmacol. 2011 Feb;19(1):iii.

(4) M Esposito, B Phillips, P Vanscheeuwijck, A Buettner, J Hoeng, WK Schlage, J Verbeeck, MC Peitsch , Toxicity Of Inhaled Nicotine And Pyruvic Acid Aerosols (Separately And Combined) In Sprague-Dawley Rats In A 28-Day OECD TG412 Inhalation Study February 2015 | Presented at SRNT 2015 21st Annual Meeting Cite this (.RIS)
https://www.pmiscience.com/library/toxicity-inhaled-nicotine-and-pyruvic-acid-aerosols-separately-and-combined-sprague-dawley
SOURCES

Article du blog VapingPost

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